« Un jour, un bébé est entré dans ma vie, une petite fille. J’ai voulu lui faire un livre, un grand livre comme une maison où elle puisse entrer, jouer, grandir et rapetisser, découper avec les yeux comme des ciseaux, mélanger, recomposer et coller avec l’eau des rêves. Un univers où elle puisse aller dans tous les sens de ses sens. Un premier livre qui soit le livre des livres, pour prendre et apprivoiser le monde. »
« Je voulais me servir d’une très bonne photocopieuse, en faire deux exemplaires, en donner un à Adèle et garder l’autre pour plus tard, parce que le premier, on ne soit pas dans quel état il aurait fini. Mais à ce moment-là, je cherchais du boulot. Je suis passé chez Gallimard car ils publiaient « Piranha », un mensuel pour adolescents. J’ai pris les deux pages déjà réalisées de L’Album d’Adèle, les pages centrales, où tout est aligné, immobile. Parce qu’en fait j’avais commencé par là. Ils n’ont pas voulu de moi pour « Piranha ». Par contre, ils m’ont demandé d’éditer l’album. Je ne voulais pas, et finalement… C’est vraiment par hasard ! »
Extraits de Claude Ponti / Sophie Van der Linden. – Être, 2000 (Boîtazoutils).
« J’avais une petite nièce chez moi qui devait avoir trois ans. À l’époque, il y avait une publicité dans un magazine avec des objets posés les uns à côté des autres, probablement en pâte à sel ou quelque chose comme ça, un peu arrondi, avec des noms en dessous. Je n’avais pas de jouet particulier pour cette petite fille en visite chez moi et, tout à coup, je me suis rappelé cette page. Alors nous avons ouvert le journal et commencé à jouer. Dire comment s’appelaient les objets, ce n’était pas très drôle, alors on s’est mis à tout mélanger en imagination : « La petite souris mange le pain, etc. »
Propos de Ponti recueillis par Christiane Delabarre et Anne-Marie Ruegger, « Un cadeau pour Adèle…ou comment devient-on illustrateur pour enfants ? », Livres Jeunes d’Aujourd’hui, n°1, janvier 1995.
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