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« L' Album d'Adèle, de Claude Ponti (Gallimard), est apparu d'emblée, à sa publication, en 1986, comme un livre particulièrement original et nouveau. Ses dimensions inhabituelles le plaçaient déjà sous le signe de l'excès. Non seulement il était très grand (42,5 x 26,5 cm), mais son format à l'italienne, en largeur, rendait impossible une vision globale des illustrations. Il fallait littéralement explorer cet album comme une vaste contrée, d'autant plus que chaque thème graphique s'y étalait sur double page, soit sur une distance de 85 cm. Sans texte, ne proposant pas une histoire et représentant des objets, il pouvait s'apparenter à un imagier. Mais le graphisme très réaliste, écartant tout ce qui pouvait faire joli ou mignon, l'absence de classement, l'abondance pléthorique des objets reproduits, par ailleurs très hétéroclites, et l'espèce de folie dont ils semblaient saisis tout-à-coup, en faisaient, à l'évidence, un contre-imagier, une sorte de fourre-tout insensé, délirant, mais aussi fascinant. Sous cet aspect amusant, provocateur et délibérément critique à l'égard des livres infantilisants, Ponti exprimait plastiquement, de façon fine et profonde, une vision personnelle de l'enfance et de ses rapports à l'imaginaire. Cette richesse, qui se découvre peu à peu, a confirmé le succès de l'ouvrage. »
L’Album d’Adèle : une construction de l’imaginaire enfantin par Catherine Trulan. In La Revue des livres pour enfants, n°163, 1995
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