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« Je voulais construire, donner lieu, tracer des voies positives. Je voulais mettre l'accent sur la force créatrice des femmes, faire apparaître qu'elles enrichissent la civilisation et qu'elles ne sont pas seulement les gardiennes du foyer, enfermées dans une communauté d'opprimées.
Je voulais ouvrir le mouvement à un public : publier.»
Antoinette Fouque, Le Débat n° 59, mars 1990
Antoinette Fouque, chef de file du groupe Psychanalyse et Politique est la principale fondatrice des éditions Des femmes.
L’importance d’Antoinette Fouque s’explique par le fait qu’elle est à l’origine des idées défendues par le groupe et qu’elle a acquis une certaine compétence dans le domaine psychanalytique en suivant elle-même une psychanalyse pendant cinq ans – de 1968 à 1973 – avec Jacques Lacan.
Son influence au sein du MLF est importante.
Elle perçoit le féminisme comme une menace conservatrice pesant sur les femmes, non comme la voie menant à l’acceptation pleine et entière de celles-ci. En prenant le contre-pied de la position de Simone de Beauvoir, selon laquelle "on ne naît pas femme on le devient", elle affirme la spécificité féminine, notamment en matière de libido.
« La maison d’édition Des femmes est née du M.L.F., que j’ai toujours envisagé comme un mouvement de civilisation, social et culturel, politique et symbolique. »
Sylvina Boissonnas et Florence Prudhomme (dir.), Depuis 30 ans des femmes éditent..., 1974–2004 Mémoire de femmes, Paris, Éditions Des femmes – Antoinette Fouque, 2004
Le désir du groupe Psychanalyse et Politique de fonder un nouveau monde est là; ce qui implique un élan global, touchant tous les domaines, politique, économique, social, culturel. Pour y parvenir, la création d’une maison d’édition destinée à promouvoir la culture féminine semble indispensable.
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L’auteur-éditrice italienne Adela Turin, installée à Milan est membre du mouvement « Rivolta femminile » et fréquente également le M.L.F.
Elle fonde sa propre maison d’édition en 1975, « Dalla parte delle bambine », se référant encore une fois au titre de l’ouvrage d’Elena Gianini Belotti.
Séduite par le talent et l’ambition de cette jeune italienne, Antoinette Fouque décide de créer une collection spécifique au sein des éditions Des femmes. En réalité, il s’agit de partenariat et de co-édition avec Adela Turin.
Cette collaboration rencontre un indéniable succès, débouchant sur une seconde association avec la maison d’édition espagnole Lumen à partir de 1976. Adela Turin explique d’ailleurs le rôle crucial joué par ses livres dans la popularité acquise par les éditions Des femmes :
"Je ne pense pas qu’on aurait tellement parlé des éditions Des femmes s’il n’y avait eu que Cixous... Je veux dire, leurs éditions étaient vraiment destinées aux femmes du mouvement
et aux intellectuelles. Mais, mes livres étaient des livres populaires. J’étais la partie tous
azimuts de leur maison d’édition [...] Je peux vous dire qu’à en juger par les tirages, ça
devait être les plus gros [...], je ne vois aucun de leurs titres tirés à 50 à 60 à 80 000
exemplaires."
Bibia Pavard, Les éditions des femmes, histoire des premières années, 1972–1979, Paris – Budapest – Torino, ’Harmattan, 2005.
Le premier album de la collection, Rose Bombonne, réalisé par Adela Turin, paraît en octobre 1975. Néanmoins, celle-ci n’est pas le seul auteur publié. Les écrivains et illustrateurs français sont aussi à l’honneur, particulièrement Agnès Rosenstiehl ou encore Benoîte et Flora Groult.
Sources: Les Albums pour enfants des maisons d'édition "Des Femmes " et "Le Sourire qui mord" : 1975-1995. / Caroline Hoinville.
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