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Les Éditions "des femmes"
Le Groupe Psychanalyse et Politique est à l’origine de la création de la maison d’édition Des
femmes en 1972. Constitué dès 1968, il réunit des femmes désirant orienter leurs réflexions
et débats vers la psychanalyse et son influence dans le domaine politique.
Il est intéressant de noter qu’un seul précédent notable d’édition consacrée aux femmes existe. En réalité, il s’agit seulement d’une collection, intitulée simplement « femme », fondée chez Denoël par Colette Audry en 1964.( ouvrages traitant véritablement de la condition féminine, sous forme de témoignages, d’essais plus théoriques et d’études de la société contemporaine).
Des Femmes s’inscrivent ouvertement dans une lutte contre le monopole des éditions traditionnelles dirigées par des hommes, dans la lignée des revendications du M.L.F.
Les femmes doivent pouvoir écrire, être publiées et trouver un public. C’est le principal
objectif, au-delà de la diffusion des revendications du groupe.
Si l’idée de créer une maison d’édition dédiée aux femmes est présente dès 1972, les trois
premiers ouvrages ne paraissent qu’en avril 1974. Il s’agit d’Une femme de Sibilla Aleramo, O maman, baise-moi encore d’Igrecque et L’Age de femme de Juliet Mitchell. Ces trois livres sont présentés lors d’une conférence de presse se déroulant au Lutétia à Paris.
Les éditions Des femmes entrent dès lors officiellement dans le champ éditorial français et international, d’autant plus qu’elles ouvrent une librairie à Paris en mai et créent dans le même temps le Quotidien des femmes.
En 1979, la maison d’édition se détache du M.L.F., dont elle refuse d’être une simple émanation.
Catalogue "des femmes"
La politique éditoriale des éditions Des femmes tient en une phrase : il s’agit de créer une
maison d’édition par et pour les femmes. Celles-ci doivent pouvoir diffuser leurs idées librement.
Une conférence de presse tenue en 1974, annonce les grandes lignes du
projet éditorial.
Le premier logo s’avère être celui utilisé par tous les mouvements de libération des femmes du monde : le signe biologique de la femme avec un poing dressé à l’intérieur. On peut encore noter ici l’importance d’internationaliser l’engagement du groupe. Le sigle des femmes montre par son écriture cursive et l’absence de majuscule la volonté de se référer à l’ensemble des femmes, sans toutefois créer un modèle universel générique dénué d’âme.
Présentation "des femmes" dans le catalogue général des années 74-75-76.
"Du côté des petites filles"

En 1974, la maison d’édition publie l’ouvrage d’une psycho-sociologue, Elena Gianini Belotti, Du côté des petites filles. Face à l’immense succès de ce best-seller, elle décide de créer une collection éponyme, consacrée aux livres pour enfants, spécialement à destination des petites filles.
La politique éditoriale demeure ouvertement militante. Il s’agit de diffuser au moyen de cette
collection les idées et revendications des mouvements pour les femmes dès le plus jeunes âge dans un but clairement éducatif. Le logo demeure d’ailleurs identique à celui utilisé pour les autres publications, avec toutefois l’ajout d’une fillette nue se tenant debout à côté du symbole féminin.
La maison d’édition s’inscrit dans la lutte contre les stéréotypes diffusés dans les collections pour filles existantes jusqu’alors, qui enferment ces dernières dans un rôle prédéterminé de futures épouses et mères au foyer, destinées à effectuer les tâches domestiques et à élever leurs enfants.
Adela Turin qualifie la production de « livres militants [...] qui critiquaient la réalité. L’intention était d’ouvrir une discussion avec les enfants, de donner des argumentations aux adultes pour ouvrir avec les enfants le chapitre du sexisme ».
Citation tiré de: Bibia Pavard, Les éditions des femmes, histoire des premières années, 1972–1979, Paris – Budapest – Torino, ’Harmattan, 2005.
Sources: Les Albums pour enfants des maisons d'édition "Des Femmes " et "Le Sourire qui mord" : 1975-1995. / Caroline Hoinville.
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