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Little Lou
Toute la fiction, l'épopée de la réussite du musicien du Sud, repose sur le mythe du peuple noir qui a introduit une nouvelle « authenticité » dans les rapports humains en inondant le monde de sa musique. Musique noire, musique de douleur, de rédemption et de nostalgie. L'histoire d'Alain Gerber, en fait, est celle d'un joueur de cornet à pistons de la Nouvelle Orléans des années 20, King Jackson, lui-même fils de Lou Randolph Jackson, dont l'histoire, très curieusement, se trouve aussi romancée dans Little Lou de Jean Claverie, album publié par Gallimard Jeunesse en 1990. Les souvenirs de l'existentialisme se conjuguent ici avec la passion du « roman noir » qui est dans l'album à l'origine de quelques scènes burlesques et parodiques.
Ces récits ne manquent pas d'ailleurs d'être marqués par l'utopie d'une naïve croyance au
salut par la musique, un art qui est en soi une revanche, comme le laisse entendre clairement
la préface de Memphis Slim, célèbre musicien noir, qui introduit le livre de Jean Claverie, où l'on peut lire :
« Little Lou représente tellement d'enfants noirs qui grandissent avec le désir ardent et le
talent qu'il faut pour jouer le blues... Un art de vivre où se mêlent la souffrance, le rire et l'amour de la musique ».
Jean Perrot
La musique comme révélateur. – In : La revue des livres pour enfants, n° 167, février 1996
Little Lou a fait l’objet de : « Ce qu'en disent les bibliothèques africaines ».Cette synthèse tente de dégager les lignes générales et l'essentiel des courriers le plus fidèlement possible, sans ajouter commentaires ou opinions de notre part.
Ce qui a plu dans cet album bien relié, bien présenté, solide, c'est avant tout le personnage de Lou, petit enfant amoureux de la musique devenu talentueux pianiste : un héros passionnant et jeune de surcroit. « Le fait que le narrateur soit un enfant permet au jeunes lecteurs de s'identifier et de mieux ressentir ses émotions. » L'identification à ce personnage sympathique, attachant, courageux, fonctionne
bien, car elle est liée au thème de la réussite, et qui plus est, de la réussite de quelqu'un de l'âge du lecteur. On admire le courage de Litttle Lou, notamment lors de l'attaque de la boite de jazz, et l'on ressent « l'ardent désir de réussite de ce jeune noir américain qui comme tous
ceux de sa génération grandit avec le désir ardent d'être un jour grand joueur de blues ». Le rôle bénéfique des adultes, du voisinage, de la famille dans cette réussite est souligné,
tout comme d'ailleurs dans la transmission du métier, du savoir. Enfin, on découvre des jeunes d'autres pays.
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« Admirable Little Lou! » conclue un bibliothécaire...Côté illustration, si une bonne majorité des lecteurs est sensible au style « crayonné », « qui convient parfaitement aux enfants qui ont l'illusion que c'est l'œuvre de l'un des leurs », « au graphisme fouillé et plein d'humour », au côté « ancien album photo », d'autres expriment très clairement leur rejet face à des illustrations peu claires, aux couleurs ternes, pas attrayantes, voir moches. Ce rejet de l'illustration va d'ailleurs souvent de paire avec un intérêt mitigé pour l'histoire jugée difficile à comprendre. La nécessaire intervention de l'animateur est souvent mentionnée, ainsi
que la difficulté de certains noms (américains). On note aussi l'heureuse intrusion au cours du texte d'une bande dessinée qui réveille agréablement l'intérêt du lecteur.
Age recommandé 9-15 ans.
La critique des livres pour les jeunes dans les bibliothèques africaines : Le réseau JPL : les livres et leur accueil. – In : Takam Tikou, n° 5, juillet 1995.
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