Lorsqu’il a reçu, en 1964 aux Etats-Unis, le prix accordé à l’auteur de la meilleure publication illustrée pour enfant, Maurice Sendak a expliqué :
« Max, le héros de mon livre, décharge sa colère contre sa mère et il retourne au monde réel ensommeillé, affamé et en paix avec lui-même. Bien sûr, nous voulons tous protéger les enfants contre des expériences douloureuses qui dépassent leur capacité de compréhension émotionnelle et sont source d’anxiété. Cela paraît évident. Cependant, ce qui est tout aussi évident, mais souvent négligé, c’est que tous les enfants, dès les premières années de leur vie, ont affaire à des émotions qui les perturbent, que la peur et l’anxiété sont une partie intrinsèque de leur vie quotidienne et qu’ils gèrent en permanence leur frustration le mieux qu’ils peuvent. La fantaisie reste la meilleure arme dont l’enfant dispose pour apprivoiser ses parties
sauvages. Ce qui confère à mon travail toute la vérité et la toute la passion qu’il peut éventuellement avoir, c’est mon engagement dans ce fait inévitable de l’enfance, la terrible vulnérabilité des enfants et en même temps leur lutte pour devenir les rois de toutes les choses sauvages. »
À propos de son travail, Maurice Sendak écrit :
« Tout comme il m’arrive de rêver la nuit, je suis assailli le jour par des impressions que je m’empresse de saisir. Il faut leur donner des contours réels et je construis alors une sorte de maison tout autour de l’histoire »
Sendak affirme au sujet de l'enfance:
« Au contraire de la propagande assenée dans une grande partie des livres pour enfants, l’enfance n’est qu’en partie un âge de l’innocence. Selon moi, elle est également un temps de sérieux, de confusion et qui comprend une grande part de souffrance. Elle est aussi probablement le meilleur de nos vies (…). Ce que l’enfant souhaite le plus c’est de trouver un peu de vérité quelque part et cela fait aussi partie du travail de l’écrivain de faire de son mieux pour rechercher cette vérité. »
Citations extraites de : Une lecture psychanalytique de Max et les maximonstres de Maurice Sendak par Maria Teresa Sá. In : L’enfance de l’art
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