Tête à tête avec Philippe Corentin
Ensuite il y a eu Plouf ! J'étais parti d'une histoire de coyote et de hérisson que j'avais lue dans un livre de Robert Paraz. Mon album paraît et quelqu'un me dit : « Mais dis donc, tu l'as copié sur la fable du Loup et du Renard de La Fontaine illustrée par Rabier !» Ça a été un choc ! Car cette fable-là, je ne la connaissais pas et encore moins les illustrations de Rabier que, depuis, je connais mieux. Mais ce livre doit surtout son succès à sa mise en pages !... et pourtant, au début, il y avait des réticences : « ça fait agenda » me disait-on...
B.G. : ... à la mise en pages et au bleu !
Ah bon ? C'est une de mes couleurs préférées, avec le terre de Sienne, non pas du tout par esthétisme mais parce que ce sont deux encres qui se mélangent parfaitement dans mes dégradés. Mais ce Plouf! est un livre qiù m'a donné beaucoup de mal. Déjà, contrairement à ce que je pensais auparavant, raconter une histoire c'est difficile - trouver un début c'est pour moi un casse-tête, le milieu c'est un cauchemar et la fin je n'en parle pas - mais quand ça se complique
d'entrées et de sorties à la Feydeau, alors là j'en bave mais ce mécanisme d'horlogerie est passionnant à mettre en place. A ce point de vue celui qui m'a demandé le plus de travail c'est bien entendu L'Ogre, le loup, la petite fille et le gâteau que j'ai bricolé au moins pendant deux ans avant que cette navette infernale ne fonctionne (je parle de la mise en scène et non de la solution). Mais quelle jubilation quand tout est en place !
Philippe Corentin
Tête à tête avec Philippe Corentin / Propos recueillis par Bernadette Gromer. – In : La revue des livres pour enfants, n°180, avril 1998.
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