Pour Chien Bleu, je me souviens qu'il y avait alors un beau livre de Chris Van Allsburg sur le Père Noël, Boréal express qui introduisait une dimension autre dans l'album pour enfants. J'ai eu envie de faire un livre comme ça, très spectaculaire et qui nous emporte, avec une pirouette à la fin. J'éprouvais une envie de spacieux. Et puis un jour, à la campagne, j'avais le blues et je regardais un chien quej'adorais, tout noir. Je me disais qu'il savait tout, j'ai souvent l'impression que les chiens possèdent le savoir, un sens archaïque des choses très étonnant. Ils ont un regard troublant, très humain au point de donner l'impression qu'ils racontent un truc.
La première version était très fantastique et elle est devenue peu à peu assez réaliste : le fait qu'il se passe quelque chose est plus fort dans un contexte simple et banal que dans un contexte plus romanesque.
F.C. : Quelle place a le regard de l'éditeur ?
II est important d'avoir le regard de l'éditeur mais je ne dis pas oui à tout. Il m'a été difficile de faire accepter le graphisme de Chien Bleu, qu'on disait trop peinture, et manquant d'une ligne claire, j'ai tenu bon.
Nadja
Rencontre : avec Nadja. – In : La revue des livres pour enfants, n° 220, décembre 2004.
« J’ai imaginé Chien bleu à la campagne, grâce à un labrador que j’adorais. Comme certains chiens, il avait quelque chose d’un ange. Doué d’une compréhension du monde plus profonde que la nôtre, il aimait avec un désintéressement total. Comme j’étais d’une humeur mélancolique, j’ai raconté l’histoire de ce chien avec une petite fille. Je voulais que chaque image soit forte sans un moment de faiblesse… J’ai mis le paquet, un peu trop sans doute, parce que le livre est un peu lourd… »
Nadja
Des histoires qui défient le monde / Catherine Chaine. – In : Enfants magazine, n° 182, octobre 1991.
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