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Si on met à part les livres pour les tout-petits, par exemple Maxou, en forme de cubes à comptines qu'on manipule comme de petites boîtes à histoires, en dehors de ces livres-là donc, je crois qu'il y a deux veines chez Nadja : la veine de la fée des mystères et la veine de la sorcière mauvaise langue. La première veine, c'est, bien sûr, celle de Chien Bleu (C'est un peu le navire amiral), avec tout ce qui tourne autour des rapports instinctifs, primordiaux, des êtres
avec le monde, la nature, les arbres, la nuit, les animaux.
Ce qui provoque probablement cette poésie magique, comme si, aimantés par une loi d'attraction mystérieuse, on était entraînés dans les profondeurs de notre présence au monde, du simple fait d'exister, avec les angoisses et les peurs les plus archaïques que cela implique et dont nous avons tous l'expérience intime. Nadja a une manière envoûtante de réveiller cette expérience, souvent enfouie dans l'enfance mais pas seulement limitée à l'enfance, cette expérience du premier contact avec le monde et avec ces mystères sourds qui l'habitent dont on ne sait pas de quoi ils sont faits et dont on garde une demi-conscience flottante tout au long de la vie.
Farid Chenoune
Rencontre : avec Nadja. – In : La revue des livres pour enfants, n° 220, décembre 2004.
« Je pense que c’est l’un des premiers albums parus en France qui a vraiment mis l’accent sur cette qualité picturale. Je me souviens qu’après la parution de ce livre (1989), il y avait eu toute une période de « picturalité », parfois excessive même. »
Milos Bvach
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Une œuvre de peinture
La surprise, pour le public, est peut-être née d’abord et surtout des images, peintes comme des tableaux. Nadja se sert d’une gouache abondante, saturant le papier de généreuses couches successives où le pinceau laisse de larges traînées qui accrochent la lumière. Ses couleurs sont chaudes, intuitivement symboliques. Charlotte, nouveau Petit Chaperon, porte évidemment une robe rouge.
Émue par la beauté du chien, être bienveillant et attentif, Nadja s’est inspirée, pour son chien bleu, d’un vrai labrador. Les rapports de Charlotte et de l’animal sont passionnants. Les trois premières illustrations manifestent une douce connivence, une intimité au-delà des mots, surtout les deux nocturnes si mystérieuses, et aussi celle, superbe de la veillée devant le feu. Même s’il y a référence au Chaperon rouge, il n’y a pas de connotations pédophile ou sexuelle dans leur relation, mais une sensualité diffuse, tendre, sans perversité aucune.
Sophie Van der Linden
In : Images des livres pour la jeunesse : lire et analyser.- Éditions Magnier et CRDP Académie de Créteil, 2006
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