Christian Bruel est à l’origine de l’aventure du Sourire qui mord. Il gère l’agence de presse Im-media, créée au début des années 1970, avec deux amis Patrick Fillioud et Pierre Jacquin. Les trois activités de l’entreprise sont alors la publication d’un journal en affiche, Le Cri des murs, un magazine sonore en arabe, Radio-Assifa et un projet encore informel touchant la littérature jeunesse.
Il finit par quitter l’agence en avril 1974 afin d’animer un groupe d’étude chargé de ce domaine, le collectif Pour un autre merveilleux. Ce collectif découle directement des mouvements gauchistes de mai 1968. Il rassemble des intellectuels d’origines diverses : universitaires, journalistes, artistes, psychologues.
Comme le laisse entendre son nom – un « autre » merveilleux –, ce groupe souhaite proposer une alternative à la société des années 1970, passant par une refonte des valeurs et conceptions, ainsi que par un changement des mentalités.
Il crée les éditions « Le Sourire qui mord » ensuite reprises par les éditions Gallimard. Il travaille alors avec des illustrateurs comme Anne Bozellec, Nicole Claveloux ou Bernard Bonhomme.
Malgré le succès des albums des éditions Le Sourire qui mord, et la politique éditoriale innovante vis-à-vis de l’enfant, Christian Bruel finit par déposer le bilan en 1996, payant ainsi le prix de son refus de se soumettre aux lois du marché.
Il fonde dès l’année suivante une nouvelle maison d’édition, Être, perpétuant l’esprit du Sourire qui mord, en reprenant les grandes lignes de sa politique éditoriale et en rééditant certains titres.
Il a aussi travaillé comme formateur en littérature, et a publié des ouvrages sur les illustrateurs Nicole Claveloux et Anthony Browne.
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